On est arrivés sur une aire de stationnement juste à la sortie de la ville, au bord d’un lac. Ça avait l’air correct mais, comme je l’ai constaté ces dernières semaines avec les jolis coins au bord des lacs, ils ont tendance à attirer les pêcheurs et les indésirables. La première nuit, un couple forniquait sous un saule pleureur à environ 4 mètres de la porte arrière.
À en juger par le panneau sur certains arbres, ça fait partie du chemin de Compostelle vers l’Espagne. Encore une fois, de beaux bois et de beaux chemins. Les magasins sont un peu rudimentaires. J’en saurai plus quand j’irai dans une ville plus grande dans quelques jours.
Réveil aux aurores.
J’ai quitté le bord du lac au bout de deux jours parce qu’on a été brutalement réveillés à cinq heures du matin. Quelqu’un a frappé à la porte et, quand j’ai ouvert, un type m’a fait signe qu’il voulait une cigarette. Je soupçonne que c’est la tactique classique pour voir qui est à l’intérieur. Quelques minutes plus tard, j’ai entendu des cailloux heurter le flanc du véhicule et j’ai vu par la fenêtre une femme et deux hommes qui traînaient là, l’air menaçant. J’ai vite attrapé mon couteau de survie et je me suis habillé. Puis je suis sorti avec Vaea, tenue en laisse courte. Ils ont détalé mais sont restés à distance un moment. Alors on s’est avancés vers eux et ils ont reculé encore. Comme j’ai appris à Vaea à aboyer sur commande, ça a aidé à accélérer les choses.
Bref, il faut vraiment que j’installe des caméras, que je me procure une batte de baseball et, à un moment, que j’ajoute un passage entre la cellule et la cabine. C’est toujours bien de pouvoir démarrer sans sortir en cas d’urgence.
On est garés à quelques kilomètres de l’autre côté de la ville maintenant, parce que je dois rester dans le coin. J’ai un colis qui arrive dans une consigne à proximité avec la boîte de vitesses de mon vélo. J’ai trouvé un bon spot avec Google Maps mais, même sur une petite route au bord de la forêt, il y a un défilé permanent de visiteurs. Joggeurs, promeneurs de chiens, cueilleurs de baies, pilotes de drone (mais j’ai discuté avec lui) et randonneurs.

Voici une vidéo d’il y a quelques jours. J’ai toujours eu envie de filmer une moissonneuse au travail. Celle-ci semble être une ramasseuse d’herbe, mais c’est assez similaire. Il semble y avoir beaucoup de prairies ici et pas tant de cultures. Ça donne une campagne agréable.
L’idée, c’est de repartir bientôt vers la France. J’espérais traverser la Pologne et visiter d’autres pays, mais j’ai une réparation médicale qui, je pense, doit être réglée plutôt tôt que tard. Donc…direction l’Allemagne la semaine prochaine, même si je pense essayer de passer par les Pays-Bas et la Belgique en chemin.
Je dois dire que j’ai quand même hâte de retrouver les aires de camping-car françaises. Ça devrait me simplifier un peu la vie.
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